L'écrit 1 du CAPET externe bac+3
Extrait gratuit du guide · session 2027
Le guide complet

CAPET externe et CAFEP-CAPET bac+3 · économie et gestion · écrit 1, commun à toutes les spécialités

Analyser des données sans calculatrice : un savoir-faire de l'écrit 1, en entier

Un graphique ou un tableau, une consigne qui dit « à l'aide de l'annexe », et pas de calculatrice : c'est dans les deux sujets connus de l'écrit 1 du bac+3. Voici le savoir-faire qui le traite, tiré de mon guide d'entraînement. Il se fait stylo en main : tu écris d'abord, tu te corriges ensuite.

Je suis Nadège Gorek. J'ai passé dix ans en entreprise, dans la stratégie commerciale, le management et l'entrepreneuriat, avant d'enseigner. Je suis agrégée d'économie et gestion, j'ai été membre du jury du CAPET, et je forme aujourd'hui des adultes, dont des candidats aux concours. Ce guide est construit sur les rapports de jury de l'épreuve disciplinaire, sur le rapport du jury 2026 du bac+3, sur le sujet zéro et sur le sujet réellement tombé en 2026.

D'où tu pars

Une seule question, pour que les conseils te parlent à toi.

Un savoir-faire complet, offert

Analyser des données sans calculatrice

Un graphique, un tableau, une consigne qui dit « à l'aide de l'annexe ». Le correcteur attend que tu retraites les chiffres, que tu montres tes calculs, puis que tu expliques. Les décrire ne rapporte presque rien. Et tu fais tout ça sans calculatrice, puisqu'elle est interdite.

Ton point d'appui

Tu sais lire un graphique. Ici, on te demande trois ou quatre calculs justes, faits de tête, et des explications. Garde tes calculs courts, exacts, et toujours avec leur unité.

Les tableaux de bord, tu connais. Tu sais qu'un chiffre seul ne dit rien et qu'il faut le comparer. C'est exactement l'exercice. Ce qui change, c'est l'explication : elle doit passer par un mécanisme économique.

Tu fais lire des documents chiffrés à tes élèves. Le niveau attendu va plus loin : le retraitement (écart en points, variation, coefficient multiplicateur, contributions) et une explication par période.

Choisis ton profil juste au-dessus pour voir ce qui te concerne.

Tour 1 · le savoir-faire isolé

Ce que le jury reproche

Ce que dit le jury

« L'exploitation de données quantitatives est également une compétence à travailler, sachant qu'elle dépasse leur simple lecture et qu'elle nécessite un retraitement par les candidats. À cette fin, les éléments de calcul doivent être précisés et les résultats explicités dans les réponses. »

Rapport du jury CAPET externe, option comptabilité et finance, session 2025 (épreuve disciplinaire du bac+5).

« L'analyse des documents quantitatifs est mieux réussie mais très souvent limitée à de simples constats. »

Rapports du jury CAPET externe, option communication, organisation et GRH, sessions 2023 et 2024.

Et sur le sujet 2026 de la même épreuve, l'analyse documentaire est désignée comme le point faible principal : des graphiques lus de façon linéaire, sans mise en relation des indicateurs ni contextualisation des ruptures.

Rapport du jury du troisième concours du CAPET, option informatique et systèmes d'information, session 2026.

Sur ton épreuve, le jury du bac+3 écrit à propos de la partie d'économie 2026 : « L'utilisation des données chiffrées a été globalement satisfaisante. Les unités sont dans l'ensemble respectées et une contextualisation dans le temps et l'espace est souvent fournie. En revanche, ces informations n'étaient pas toujours mises au service de l'argumentation. Elles sont présentées sans véritable analyse. »

Rapport du jury CAPET externe bac+3, économie et gestion, session 2026, première épreuve d'admissibilité.

Ce que j'en tire

« Simples constats », c'est une copie qui écrit « la croissance chute en 2020 ». Le correcteur le voit sur le graphique, tu ne lui apprends rien. Ce qu'il note, c'est ce que tu fais des chiffres : tu calcules un écart sur une période que tu as nommée, puis tu expliques d'où il vient. Sans calculatrice, un ordre de grandeur juste suffit, à condition que le calcul soit posé.

La méthode : quatre temps

Identifier le document : la source, la date, le champ, et surtout l'unité. Un pourcentage, un écart en points, un indice base 100, une contribution en points ne se lisent pas de la même façon. Découper en périodes, chacune nommée et bornée par des dates. Retraiter : trois ou quatre calculs, posés en toutes lettres. Expliquer chaque période par un mécanisme et un contexte, puis dire ce que ça change.

Les cinq calculs qui se font de tête

L'écart en points entre deux taux : un taux de chômage qui passe de 7,4 % à 8,1 % augmente de 0,7 point. Pas de 0,7 %.

La variation en pourcentage : (arrivée moins départ) divisé par départ. De 7,4 à 8,1, c'est 0,7 sur 7,4, soit un peu moins de 10 %.

La lecture d'un indice base 100 : un indice à 124 signifie une hausse de 24 % depuis l'année de base.

Le coefficient multiplicateur : une variation de −7,5 %, c'est un coefficient de 0,925 ; une variation de +6,4 %, un coefficient de 1,064. Pour enchaîner deux variations, tu multiplies leurs coefficients : additionner les pourcentages donne un résultat faux.

La contribution à la croissance : la part, en points, d'une composante dans la croissance totale. Si le PIB croît de 2 % et que la consommation y contribue pour 1,2 point, elle explique à peu près les trois cinquièmes de la croissance.

Écris toujours « environ » ou « près de » quand tu arrondis. Tu montres ainsi que tu sais que c'est un ordre de grandeur.

Regarde faire d'abord

Document fictif. Un pays voit son PIB baisser de 5 % en année 1, puis augmenter de 4 % en année 2.

Le PIB a-t-il retrouvé son niveau de départ à la fin de l'année 2 ?

Deux réponses, deux niveaux
« Le PIB a baissé de 5 % puis augmenté de 4 %, il lui manque donc 1 % pour retrouver son niveau. »
Niveau insuffisant. Les deux variations sont additionnées, ce qui est faux.
« Base 100 au départ : après une baisse de 5 %, le PIB est à 95 ; une hausse de 4 % ajoute 4 % de 95, soit 3,8, et le porte à 98,8. Il reste donc environ 1,2 % sous son niveau de départ. »
Niveau satisfaisant. Le calcul est posé, faisable de tête, et le résultat est formulé avec son unité.

À toi

Document fictif. Prix des logements anciens, indice base 100 en 2015 : 115 en 2019, 132 en 2022, 124 en 2024. Revenu disponible des ménages, indice base 100 en 2015 : 118 en 2024.

Analyser l'évolution du prix des logements depuis 2015 et ce qu'elle implique pour les ménages qui veulent acheter.

Le corrigé s'ouvre à partir de soixante-dix mots.

Corrigé · niveau satisfaisant
périodes et calculsTrois périodes. De 2015 à 2019, les prix augmentent de 15 %. De 2019 à 2022, ils accélèrent : 17 points d'indice en trois ans, soit près de 15 % de hausse (17 sur 115). De 2022 à 2024, ils reculent de 8 points d'indice, soit environ 6 % (8 sur 132). Sur l'ensemble, les prix gagnent 24 % et le revenu 18 % : le logement devient moins accessible, même après la baisse.
La différence entre points d'indice et pourcentage est faite deux fois. La comparaison avec le revenu répond à la seconde moitié de la consigne.
expliquerLa hausse jusqu'en 2022 s'explique par des taux d'intérêt très bas, qui augmentent la capacité d'emprunt des ménages à mensualité donnée. Leur remontée en 2022 et 2023 réduit cette capacité : la demande recule, et les prix avec elle.
Un mécanisme (le taux d'intérêt agit sur la capacité d'emprunt), daté, qui explique les deux périodes.

Tour 2 · les questions complètes

Les questions 3 et 4 du sujet zéro, en 55 minutes

Les deux annexes sont des graphiques : télécharge le sujet zéro et travaille dessus, comme le jour J.

Sujet zéro, CAPET et CAFEP-CAPET externes bac+3, mai 2025. Consignes reproduites à l'identique ; annexes décrites.

Annexe 1 : contributions des principaux agrégats (consommation des ménages et des administrations publiques, investissement, solde du commerce extérieur, variation de stocks) à la croissance du PIB en France, de 2018 à 2022, en points, avec la croissance du PIB en % (Insee, Les comptes de la nation, Insee Première n° 1950, mai 2023). Lecture donnée : « en 2022, la croissance du PIB est de 2,5 %. L'investissement contribue pour 0,5 point à cette croissance. »

Annexe 2 : « Comment expliquer les pertes de productivité observées en France depuis la période pré-Covid », Bulletin de la Banque de France, mars-avril 2024. Trois chiffres : 8,5 %, « la perte de productivité apparente marchande au deuxième trimestre 2023 par rapport à sa tendance pré-Covid » ; 3,1 points de pourcentage, « la perte durable de productivité expliquée par une composition moins qualifiée de l'emploi, l'apprentissage et les confinements » ; 1,8 point, « la perte temporaire de productivité expliquée principalement par les rétentions de main-d'œuvre ». Un graphique : la productivité par tête des branches marchandes et sa tendance d'avant le Covid, en base 100 égale à la valeur de la tendance au quatrième trimestre 2019, de 2010 au deuxième trimestre 2023.

3. A l'aide de l'annexe 1, expliquer les variations de la croissance économique en France depuis 2018.

4. A l'aide de l'annexe 2 et de vos connaissances, analyser l'évolution de la productivité du travail en France depuis 2018.

Compte environ 25 minutes pour la question 3 et 30 pour la question 4.

La grille s'ouvre à partir de deux cent cinquante mots.

Corrige-toi avec la grille

Quatre critères, 5 points : 2,5 par question, comme dans ma banque.

Critère 3a · lecture et retraitement de l'annexe 1 (1,5 point)
Très insuffisant
0 à 0,25
Le graphique est paraphrasé sans chiffre ; ou les contributions sont lues comme des taux de croissance.
Insuffisant
0,5
Quelques chiffres cités isolément (« le PIB baisse de 7,5 % en 2020 »), sans période, sans lire les composantes.
Satisfaisant
0,75 à 1
Trois périodes nommées : une croissance modérée en 2018 et 2019 (autour de 2 %), portée par la consommation et l'investissement ; la chute de 2020 (environ −7,5 %), dont la consommation explique à elle seule plus de la moitié (environ −4,5 points), l'investissement et le commerce extérieur le reste ; le rebond de 2021 (environ +6,4 %) puis le ralentissement de 2022 (2,5 %). Au moins trois lectures ou calculs justes, en points pour les contributions et en % pour le PIB.
Très satisfaisant
1,25 à 1,5
Les éléments précédents, plus le calcul qui montre que le rebond de 2021 ne compense pas la chute de 2020 (100 fois 0,925, puis fois 1,064, donne environ 98,4 : le PIB de 2021 reste sous celui de 2019, qu'il ne dépasse qu'en 2022), et la lecture de 2022 : le commerce extérieur freine la croissance, les stocks la soutiennent.
Critère 3b · explication (1 point)
Très insuffisant
0
Aucune explication, ou « à cause du Covid » pour toute la période.
Insuffisant
0,25
Une explication générale par période, sans mécanisme.
Satisfaisant
0,5 à 0,75
Chaque période expliquée : en 2020, les confinements ferment des commerces et imposent une épargne forcée, l'investissement est reporté, les exportations s'effondrent (aéronautique, tourisme) ; en 2021, le rattrapage de la consommation, l'épargne accumulée et le soutien public (activité partielle, plan de relance) ; en 2022, le choc des prix de l'énergie après l'invasion de l'Ukraine, qui ampute le pouvoir d'achat et alourdit la facture énergétique importée.
Très satisfaisant
1
Les explications, plus une notion utilisée : la demande globale et ses composantes, les stabilisateurs automatiques, ou le multiplicateur keynésien pour expliquer l'ampleur du rebond.
Critère 4a · notions et lecture de l'annexe 2 (1,5 point)
Très insuffisant
0 à 0,25
La productivité confondue avec la production ; les chiffres recopiés sans unité.
Insuffisant
0,5
La productivité définie sans son dénominateur ; les trois chiffres cités sans être reliés entre eux.
Satisfaisant
0,75 à 1
La productivité apparente du travail définie (valeur ajoutée en volume rapportée à l'emploi, ici par tête) ; la lecture du graphique (une chute brutale en 2020, un rebond incomplet, puis un niveau qui décroche durablement de sa tendance) ; le calcul qui relie les trois chiffres : 8,5 moins 3,1 moins 1,8 laisse environ 3,6 points inexpliqués, soit plus de deux cinquièmes de la perte.
Très satisfaisant
1,25 à 1,5
Les éléments précédents, plus la remarque de méthode : la perte de 8,5 % se mesure par rapport à une tendance, et non par rapport au niveau de 2019 ; sur le graphique, la productivité par tête reste, au deuxième trimestre 2023, autour de 94, soit environ 5 % sous son niveau de fin 2019 : la perte de 8,5 % est plus forte parce qu'elle se mesure par rapport à une tendance qui a continué de monter. Et la distinction entre productivité par tête et productivité horaire.
Critère 4b · explications et conséquences (1 point)
Très insuffisant
0
Aucune explication au-delà du document.
Insuffisant
0,25
Les explications du document reprises sans être développées.
Satisfaisant
0,5 à 0,75
Les explications développées : l'essor de l'apprentissage depuis la réforme de 2018 et les aides de 2020, qui fait entrer dans l'emploi des jeunes encore en formation ; la rétention de main-d'œuvre par des entreprises qui craignent de ne pas pouvoir réembaucher ; une composition de l'emploi moins qualifiée. Une conséquence au moins : une croissance potentielle plus faible, des salaires réels moins dynamiques, ou des recettes publiques moindres.
Très satisfaisant
1
Les explications, plus le paradoxe de la période (une croissance faible mais riche en emplois, qui a fait baisser le chômage), et une piste pour la part inexpliquée (le maintien d'entreprises peu productives grâce aux aides publiques, la baisse de la durée effective du travail, ou le débat sur la mesure).
3a · lecture et retraitement
3b · explication
4a · notions et lecture
4b · explications et conséquences

Le calcul retient le haut de la fourchette du niveau que tu coches. Si tu hésites entre deux niveaux, coche le plus bas.

Deux copies pour te situer, sur la question 4

Copie faible · autour de 0,75 sur 2,5
« La productivité a baissé de 8,5 % depuis le Covid. 3,1 points s'expliquent par l'apprentissage et les confinements et 1,8 point par la rétention de main-d'œuvre. C'est inquiétant pour l'économie française. »
Le document est recopié, sans définition, sans calcul, et « depuis le Covid » est faux : la perte se mesure par rapport à une tendance. « Inquiétant » reste un jugement : une conséquence se nomme (croissance potentielle, salaires réels, recettes publiques).
Copie solide · autour de 2,25 sur 2,5
« La productivité apparente du travail rapporte la valeur ajoutée en volume à l'emploi, ici par tête. L'annexe 2 mesure un écart de 8,5 % au deuxième trimestre 2023 entre la productivité observée et celle qu'aurait donnée la tendance d'avant le Covid. Les explications identifiées en couvrent 4,9 points (3,1 durables et 1,8 temporaire) : il reste donc environ 3,6 points inexpliqués, plus de deux cinquièmes de la perte. Le premier facteur tient à la composition de l'emploi : l'apprentissage, soutenu par la réforme de 2018 puis par les aides de 2020, fait entrer dans l'emploi des jeunes encore en formation, donc moins productifs. Le second est conjoncturel : face aux difficultés de recrutement, les entreprises ont gardé des salariés malgré une activité plus faible. Cette croissance riche en emplois a fait baisser le chômage, mais elle pèse sur la croissance potentielle et sur la progression des salaires réels. »
Une définition, un calcul qui fait parler le document, deux explications développées, et une conséquence nuancée. Pour le plafond, il manquait la distinction entre l'écart à la tendance et la baisse par rapport à 2019.

Et la suite

Ce que tu viens de faire, c'est un savoir-faire sur dix. Le guide complet de l'écrit 1 les travaille tous de la même façon : lire le sujet et repérer sa configuration, définir, présenter des connaissances, analyser un arrêt, en tirer les conséquences, expliquer un mécanisme, analyser des données, problématiser, argumenter et construire un plan, tenir les quatre heures. Puis il te fait enchaîner le sujet zéro partie par partie, et le sujet 2026 complet en conditions réelles, dans l'autre configuration, avec ta grille, ton planning et ton tableau de bord.

Le guide complet de l'écrit 1

Il fait partie de ma formation au CAPET bac+3 2027, dès la formule Autonomie. Les formules Accompagnée et Renforcée ajoutent les directs et les entraînements corrigés.

Des sujets pour t'entraîner

Deux sujets au format de l'écrit 1, un dans chaque configuration, avec leur grille à niveaux, une copie faible annotée et un corrigé détaillé : 29 euros le sujet, 49 euros les deux, sur la page des sujets corrigés.

Te faire corriger par moi

Ta grille te dit où tu en es, mais tu restes juge et partie. Si tu veux le regard d'une correctrice, je corrige ta copie comme au concours : critère par critère, avec des annotations dans la marge et les trois choses à travailler en priorité. La correction individuelle d'un sujet coûte 90 euros : écris-moi à concours@nadegegorek.com.

Tu hésites encore entre le CAPET, le CAPLP ou une autre voie ? Mon guide d'orientation est gratuit.

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